Toute la vérité sur l’affaire Carlos Ghosn !

Toute la vérité sur l’affaire Carlos Ghosn !

Carlos Ghosn, arrêté au Japon pour fraude fiscale

Visé par une enquête du fisc japonais pour des faits finalement confirmés par Nissan, Carlos Ghosn, arrêté par la justice japonaise, devrait rapidement quitter la présidence du conseil d’administration du constructeur.

Nissan a confirmé les informations du journal nippon.

Celui ci Asahi Shimbun qui avançait que Carlos Ghosn était soupçonné par le fisc japonais. Le soupçon est motivé par une dissimulation d’une partie de son salaire.
« Le parquet de Tokyo a demandé lundi soir » au dirigeant de 64 ans « de se rendre volontairement dans ses locaux pour des soupçons de violation de la loi« . Ce qu’il a fait et l’a conduit à une arrestation.

Nissan, à l’occasion d’une conférence de presse lundi 19 novembre, a confirmé, après une enquête interne, que son président avait « pendant de nombreuses années déclaré des revenus inférieurs au montant réel« . « En outre, de nombreuses autres malversations ont été découvertes, telles que l’utilisation de biens de l’entreprise à des fins personnelles« , ajoute le groupe, qui va proposer au conseil d’administration de le « démettre de son poste rapidement« . Un autre membre du conseil, Greg Kelly, devrait aussi être remplacé.

Que lui reproche t’on au pays du soleil levant ?

Le dirigeant français aurait, selon l’agence de presse japonaise Jiji, sous-évalué de cinq milliards de yens (38,9 millions d’euros) sa rémunération. Cette pratique, selon l’agence Kyodo, aurait commencé en 2011 et aurait duré plus de cinq ans.

En tant que PDG de Nissan, il avait touché pour la période d’avril 2016 à mars 2017 quasiment 1,1 milliard de yens (8,8 millions d’euros au cours de l’époque). En avril 2017, il avait laissé la direction générale à Hiroto Saikawa, tout en restant à la présidence du conseil d’administration de Nissan. Côté français, Carlos Ghosn gagne environ 7 millions d’euros par an au titre de PDG de Renault, qu’il dirige depuis 2009 (il en était directeur général depuis 2005). Ce qui a fait dire au président de la République, Emmanuel Macron, que l’Etat français sera « extrêmement vigilant à la stabilité » de Renault et de l’Alliance avec Nissan. Le mandat de Carlos Ghosn à la tête du Groupe Renault avait été renouvelé en juin dernier à l’occasion de l’assemblée générale du constructeur.

 

Renault a d’ailleurs communiqué dans la journée sur la situation :

« Philippe Lagayette, Administrateur référent de Renault, en liaison avec les Présidents des Comités du Conseil d’Administration, Marie-Annick Darmaillac et Patrick Thomas ont pris connaissance du communiqué diffusé ce jour par Nissan. Dans l’attente d’informations précises émanant de Carlos Ghosn, Président-Directeur Général de l’entreprise, les Administrateurs consultés expriment leur attachement à la défense de l’intérêt du groupe Renault dans l’Alliance. Le Conseil d’Administration de Renault se réunira au plus vite. »

A la Bourse de Paris, le titre Renault perdait 10 % au cours de cette journée du 19 novembre 2018, soit environ 2 milliards de capitalisation.

Reste à savoir maintenant quelles seront les conséquences de cette procédure sur les autres mandats de Carlos Ghosn. Rappelons qu’il préside également le conseil d’administration de Mitsubishi Motors, de Renault et de l’Alliance Renault-Nissan-Mitsubishi. « S’il est arrêté, cela va chambouler l’Alliance dont il est la pierre angulaire« , avait commenté avant les informations de presse sur son arrestation Satoru Takada, analyste au sein du cabinet d’études TIW.

Cette Alliance, unique dans l’industrie automobile, est aujourd’hui une construction aux équilibres complexes,

L’Alliance RENAULT-NISSAN-MITSUBISHI constituée d’entreprises distinctes liées par des participations croisées non majoritaires. Renault détient 43 % de Nissan, qui possède 15 % du groupe au losange, tandis que Nissan possède 34 % de son compatriote Mitsubishi Motors. Même Daimler tient une petite participation et travaille avec Renault et Nissan sur des projets. Un ensemble qui permet un grand nombre de synergies. Elles se sont montées à 5,7 milliards d’euros en 2017 (+14 %). Et Carlos Ghosn avait annoncé vouloir atteindre « 10 milliards de synergies annuelles d’ici fin 2022« .

Les accusations portées contre Carlos Ghosn, qui a forgé seul cette Alliance en cumulant des fonctions comme aucun autre dirigeant d’entreprise de cette taille ne l’avait fait avant lui, portent un rude coup au trio franco-japonais qui revendique le titre de premier ensemble automobile mondial (VP+VUL), avec 10,6 millions de voitures vendues l’an dernier, dépassant ses rivaux Volkswagen (10,54 millions hors PL), Toyota (10,47 millions) ou GM (9,6 millions). Et l’Alliance vise 14 millions d’unités vendues dans le monde à l’horizon 2022. (avec AFP)

Carlos Ghosn paie-t-il, aussi, les tensions croissantes au sein de l’Alliance ?

Rumeurs de fusion, épisode de la montée de l’Etat français… les raisons de frictions entre les partenaires sont nombreuses. Au point que, durant la conférence de presse de Nissan, son directeur général Hiroto Saikawa a dû répondre à des questions évoquant un « coup d’Etat » contre Carlos Ghosn.

La spectaculaire déchéance de Carlos Ghosn, patron de l’Alliance Renault-Nissan-Mitsubishi, pourrait en fait cacher un « coup d’Etat » du groupe japonais à l’encontre de son sauveur afin d’éviter une alliance encore plus poussée avec le constructeur français, estiment certains analystes du secteur.

Ces derniers mois, le ressentiment perlait dans la presse japonaise, surtout depuis qu’avaient surgi au printemps des rumeurs de fusion du duo original né en 1999, un scénario qui ne plaît pas vraiment au Japon. Lundi, ces frictions sont apparues au grand jour quand le patron de Nissan, Hiroto Saikawa, a mis en pièces l’héritage de Carlos Ghosn, actuel président du conseil d’administration, qui a pourtant sauvé le constructeur de la faillite.

Loin des éloges dont a longtemps été couvert le charismatique dirigeant, Hiroto Saikawa a réécrit l’histoire en « décrivant le redressement comme étant le fruit du travail d’un important groupe de personnes« , a commenté Christopher Richter, analyste du secteur automobile au sein de la société de courtage CLSA. Il l’a en outre « qualifié de cerveau de la combine« . « J’ai trouvé ces propos déplacés tant que les faits n’ont pas été complètement établis« , dit l’analyste.

Des tensions de longues dates ?

Au vu du ton adopté, les tensions remontent cependant à bien plus loin que cette année. « Elles couvaient sous la surface au cours des récentes années et ont enfin éclaté de façon brutale« , écrit David Fickling, éditorialiste pour l’agence financière Bloomberg News. Au point que Hiroto Saikawa a dû répondre à des questions sur un « coup d’Etat« , une opinion partagée par Nobutaka Kazama, professeur à l’université Meiji de Tokyo : « Il a pu être planifié dans l’espoir de rejeter une intégration à l’initiative de Renault. »

« Il semble y avoir une sorte de frustration et des inquiétudes de la direction« , explique de son côté Christopher Richter. « Nissan a des envies d’indépendance« , estime-t-il, même si l’Alliance elle-même n’est pas remise en cause à ce stade.

Aux prémices de l’aventure, Nissan, criblée de dettes, faisait figure de maillon faible. Mais la firme renaît vite de ses cendres, au prix de la sévère restructuration sous l’égide du « gourou » Ghosn. Si elle a été affaiblie par de récents scandales liés à l’inspection des véhicules au Japon, la société affiche des comptes plutôt solides.

Chaque année, sa contribution aux résultats du Français est significative, ce qui fait grincer des dents chez les employés japonais, agacés de voir les technologies, la production de certains véhicules (comme la petite berline Micra fabriquée en France) et une partie des bénéfices récupérés par Renault, rapportait au fil des ans la presse nippone.

Des critiques au grand jours.

Des reproches repris mardi par le quotidien économique Nikkei, qui ajoutait qu’après des années d’acceptation silencieuse, « il y avait au sein de Nissan des critiques grandissantes sur les rémunérations excessives de M. Ghosn ». La division s’était accentuée en 2015 après une montée temporaire de l’Etat français au capital de Renault, une manœuvre qui avait ravivé l’inquiétude au sein de Nissan, et M. Ghosn s’était justement donné pour mission de solidifier l’Alliance.

« Est-ce que ce bain de sang sera suffisant pour dompter les tensions ?, lance David Fickling. « Il est évident depuis pas mal de temps que Nissan ne souhaite pas d’un changement qui ne reflèterait pas sa position centrale dans le groupe. » Dans ce contexte houleux, le nouveau patron de Nissan semble avoir donc sauté sur l’occasion pour s’émanciper d’un encombrant modèle.

« Hiroto Saikawa utilise visiblement les accusations contre M. Ghosn pour accroître son poids sur Nissan et marquer la compagnie de son empreinte« , résume Hans Greimel, expert d’Automotive News basé au Japon. Mitsubishi Motors s’est lui aussi retourné contre celui qui l’a sauvé de la débâcle en 2016 : il a prévu de convoquer rapidement un conseil d’administration afin de démettre Carlos Ghosn de la présidence.

Seul Renault, probablement le plus affecté par l’affaire qui touche son PDG, est pour l’instant resté prudent. Mais même s’il n’est pas poussé vers la sortie, Carlos Ghosn pourrait avoir du mal à se maintenir à sa tête.

Un nouveau patron chez RENAULT !

Le conseil d’administration de Renault a décidé mardi soir de placer le numéro 2 à la tête de la marque « à titre provisoire ». Découvrez le profil du nouvel homme fort du losange.

L’ascension a été rapide. Propulsé numéro 2 de Renault il y a un an à peine, Thierry Bolloré, 55 ans, a été nommé directeur par intérim du constructeur français à la suite de l’arrestation de Carlos Ghosn, au Japon. L’ancien bras droit possède désormais la position de mandataire social de l’entreprise. C’est donc lui qui représente désormais le losange au conseil de l’Alliance Renault-Nissan-Mitsubishi. Originaire de Quimper, cet homme respecté pour son « sérieux » et sa « loyauté » est un lointain cousin du chef d’entreprise Vincent Bolloré.

Une carrière hors de Renault

Inconnu du grand public, Thierry Bolloré possède la particularité de ne pas être issu du « sérail » Renault. Le responsable n’est entré dans l’entreprise qu’en 2012 après une carrière dans deux autres géants tricolores : le pneumaticien Michelin et l’équipementier Faurecia. Débutant chez Bibendum en 1990, il s’est frotté au plus près aux enjeux industriels en débutant au rang de responsable de qualité des produits et des procédés pour les usines poids-lourd. Envoyé en Thaïlande ou au Japon, il acquiert de bonnes relations avec ses interlocuteurs : cette bonne connaissance de l’Asie pourrait être un point fort dans les prochaines semaines.

A 39 ans, il devient vice-président monde, en charge de Michelin Avion, avant de rejoindre Faurecia en 2005. Occupant une position stratégique (Vice Président monde en charge du Marketing, de la R&D, des Programmes, de la Stratégie et du Développement du business), il accède à de hautes responsabilités avant d’être débauché par le losange.

Chez Renault, il a notamment occupé la fonction de directeur délégué à la Compétitivité.

A ce titre, il a piloté la mise en place de synergies au sein du groupe (réflexion sur les plate-formes partagées, transformation numérique…). Son approche décrite comme « pragmatique » par ses collègues lui a permis de faire travailler des équipes différentes sur des projets communs. Cité par le quotidien Le Monde, un proche décrit le nouvel homme fort de Renault: « Thierry Bolloré est apprécié et respecté en interne. Il est chaleureux. Contrairement à Carlos Ghosn, il tutoie facilement ses collaborateurs. »

« Il connaît bien l’industrie, il connaît bien Renault, il a montré qu’il était capable de bien travailler avec les Japonais. » avait expliqué Carlos Ghosn?début 2018? au moment de la promotion de Thierry Bolloré au poste de directeur adjoint de Renault. Autant de qualités dont il devra faire preuve rapidement à la tête de l’entreprise tricolore.

Carlos Ghosn est révoqué chez Nissan, mais l’Alliance doit être sauvée

Nissan vient de révoquer Carlos Ghosn de son poste de président. Mitsubishi pourrait en faire de même le 26 novembre 2018. Mais des voix s’élèvent pour évoquer un coup monté. Un refus de la part de Nissan d’aller vers une fusion avec Renault…

Comme attendu, le conseil d’administration de Nissan a voté jeudi 22 novembre à l’unanimité la révocation de Carlos Ghosn de son poste de président. Dans un communiqué publié sur le site du Tokyo Stock Exchange (TSE), le constructeur explique cette décision. Car les « actes graves confirmés« , mentionnant « une minimisation de ses revenus durant une longue période dans les rapports financiers. Et une utilisation frauduleuse à des fins personnelles de fonds d’investissement et de notes de frais« ..

 

Rapports financiers annuels inexacts

Une fois la stupeur de l’annonce de l’arrestation de Carlos Ghosn passée. L’heure est aujourd’hui aux suppositions et aux déclarations souvent anonymes. Pour l’instant, aucune information officielle émanant du procureur de Tokyo ne vient étayer les motifs invoqués par Hiroto Saikawa. L’actuel patron de Nissan impliqué pour fraude fiscale et abus de biens sociaux. En revanche, les fausses déclarations évoquées, lors de la conférence de presse d’Hiroto Saikawa, n’auraient pas de lien avec une fraude fiscale. Mais l’affaire concernerait un document destiné aux marchés financiers. En réalité, Carlos Ghosn serait soupçonné d’avoir certifié des rapports financiers annuels inexacts. Ces derniers remis aux autorités financières japonaises. Si les soupçons sont avérés, il serait alors responsable pénalement de ces fausses informations.

Selon un juriste financier japonais interrogé par l’AFP : « ce document est destiné à dresser un état des lieux complet de la situation et des finances de l’entreprise à destination des marchés. Plus l’inexactitude est de nature à fausser le jugement des investisseurs, plus la sanction est sévère. »

Une garde à vue, où sont les preuves des faits?

Aucune preuve formelle n’a également été révélée concernant les faits « d’abus de biens sociaux » reprochés à Carlos Ghosn. Là encore, les exemples cités émanent du nouvel homme fort de Nissan. Des fuites dans la presse de l’enquête interne menée par Nissan visiblement depuis près d’un an. Il s’agit donc de peu de temps après que Carlos Ghosn l’ait nommé directeur exécutif de Nissan.

Nissan n’a donc pas attendu les conclusions du procureur de Tokyo pour démettre Carlos Ghosn de son poste de président. Mitsubishi, troisième constructeur de l’Alliance devait se prononcer lundi. Tandis que Renault, à Paris, reste très prudent en confiant l’intérim du poste de PDG à Thierry Bolloré, actuel directeur général.

Le conseil d’administration de Renault aurait également demandé à Nissan de lui transmettre l’ensemble des informations en sa possession dans le cadre des investigations internes de Nissan.

 

Coup monté ?

Si l’avenir du président de l’Alliance semblé scellé, reste à définir celui de l’Alliance elle-même. Car semble-t-il, l’enjeu de ce « coup d’Etat » se recentre de plus en plus sur ce mariage à deux, puis à trois, et les crispations ressenties par Nissan depuis au moins 2015. Pour preuve, Hiroto Saikawa n’avait même pas prévenu son premier allié, en l’occurrence Renault, de l’enquête interne menée durant de longs mois.

 

Nissan, le partenaire sauvé de la faillite par Renault en 1999, contribue aujourd’hui à la moitié du volume de ventes de l’Alliance. En chifre c’est 5,81 millions de véhicules sur un total de 10,61 millions, contre 3,76 pour Renault et 1,03 pour Mitsubishi.

Nissan a généré un chiffre d’affaires de 100 milliards d’euros, soit deux fois plus que Renault (58 milliards d ‘euros). La vapeur est ainsi renversée. Un agacement d’autant plus fort que Renault dispose de 43% du capital de Nissan contre 15 % chez Renault pour ce dernier.C’est à dire autant que l’Etat français ! Mais avec des droits de vote en moins.

 

Trop d’Etat

Ce sujet marque la deuxième très forte crispation de Nissan vis-à-vis de Renault. Le constructeur japonais ne peut accepter que le gouvernement français puisse décider de l’avenir de son principal actionnaire. En l’occurrence, le choix en 2015, d’Emmanuel Macron, alors ministre de l’Economie, de baisser le pouvoir de l’Etat dans Renault. C’est à dire 15 % à condition d’installer un système qui lui confère 22 % des droits de vote.

La rancoeur de Nissan s’accumule ainsi jusqu’aux rumeurs de fusion entre Renault et Nissan évoquées dès le printemps 2018. Selon le Financial Times, un dossier de fusion était dans un état très avancé. Mais visiblement la relation gagnant-gagnant demandée par Nissan n’était pas assez équilibrée.

 

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